Championnat d’Europe vétérans

August 4, 2019

Guillaume ENGEL en or !

 

 

Le 28 juillet dernier à Las Palmas (Iles Canaries), l’Alsacien Guillaume ENGEL (Wittenheim) participait à ses tous premiers championnats d’Europe vétérans. Ancien champion de France junior, plusieurs fois médaillé en D2, le judoka avait tout simplement envie de vivre une nouvelle expérience et de se poser de nouveaux défis. Déterminé et ambitieux, sur un tatami comme dans la vie, le garçon s’est forgé au fil des ans une réputation de battant. Il l’a clairement démontré sur la compétition individuelle en - de 100 kg, qu’il remporte avec brio forcément, mais aussi par équipes où il s’empare d’une médaille de bronze. Une première concluante, et une aventure qu’il souhaite poursuivre. Entretien…

 

 

 

Une victoire qu'il est allé chercher... Désormais, le Wittenheimois Guillaume ENGEL peut savourer !

 

 

1. Nous étions habitués à te voir sur le circuit traditionnel, régulièrement en D1 mais aussi en D2. Alors pourquoi les vétérans ?

 

« Depuis quelques temps et avec l’âge, les compétitions en D1 et en D2 sont beaucoup plus difficiles pour moi. Avec les contraintes de la vie, les contraintes professionnelles, il n’est pas toujours évident de s’entraîner. Ce que tu mets en œuvre, tout le volume d’entrainement pour aller aux France sans que ça paye derrière et sans qu’il y ait un résultat, c’est frustrant et la lassitude s’installe vite. J’avais besoin d’un nouvel objectif dans le judo. Avec les vétérans, j’avais l’opportunité de me fixer ce nouvel objectif, de faire des choses en plus et me donner à nouveau les moyens à l’entrainement. Sur ce type de compétition, tu rencontres de tout : des anciens qui sont connus, mais aussi des gens que l’on n’a jamais vu sur le circuit classique. Le circuit vétérans et les masters sont bien là pour celles et ceux qui désirent reprendre la compétition, se faire plaisir, se mettre au défi. Pour ma part, je n’ai plus envie de me faire mal sur un tapis pour rien. Il me faut un but. Mon parcours cette année, c’est moi qui l’ai planifié pour atteindre cet objectif. Les vétérans, j’y vais pour la gagne. J’ai calqué ma saison là-dessus, j’ai fait les ¼ et une ½ finale séniors, j’ai souffert. J’ai également combattu à Gérardmer (masters vétérans) dans l’espoir de l’emporter, et j’ai gagné. J’ai ensuite combattu en Suisse par équipes, ou je me suis vraiment fait plaisir. Ce sont des objectifs intéressants et motivants, idéals pour une bonne préparation en vue des championnats d’Europe ».

 

2. A Las Palmas, tu y es allé avec quelles ambitions ?

 

« Je voulais concrétiser l’objectif que je m’étais fixé, à savoir participer à une compétition de niveau international et, pourquoi pas, l’emporter. Je n’ai pas fait une préparation intensive juste pour ramener une médaille. Ce que je voulais, c’est gagner. Bien sûr, si j’avais fait une médaille, j’aurai été super content. Mais je voulais plus. Aussi, je n’ai pas vécu cette aventure en solo, l’idée était de la partager avec des amis judokas, des anciens de la structure de Strasbourg, des copains de mon ancien club (Marnaval).  Nous nous sommes fixés un petit challenge collectif en montant une équipe en vue de faire un podium. Là aussi, c’est chose faite. Mon objectif était double sur ce championnat : performer en individuel, mais aussi par équipes ! ».

 

3. Comment as-tu vécu ta journée de compétition en individuel ?

 

« Tout démarre bien avant. Je suis parti seul, et j’ai été rejoint par après. Il y a le voyage, l’escale, la gestion du poids et tout ce qui s’en suit. Le poids, c’est une chose qu’il faut savoir gérer. Quand t’es cadet, tu fais des erreurs. Là, l’expérience aide. Le jour de la compétition, il faut gérer les temps d’attente. Je ne savais pas du tout quand j’allais être appelé. J’ai commencé l’échauffement avec Clément LEGOUX, qui a combattu en fin de matinée. J’ai dû attendre jusqu’en début d’après-midi pour enfin combattre, c’était long, il a fallu gérer là aussi. Je me suis alimenté comme il le fallait, effectué des petites siestes comme je le faisais avant lorsque j’étais plus jeune. Dans ce cadre, l’expérience du passé est salutaire. La première confrontation est toujours difficile à aborder. Tu rentres dans une grande arène, tu prends un étranger dont tu ne connais rien, tu manques de repères. Heureusement pour moi, cette entame de compétition s’est finalement très bien déroulée. Face au Belge Dez DE SOMMER, j’ai pu placer ma technique favorite (uchi-mata) et l’emporter par ippon. Ça met en confiance, ma journée était lancée ! Ensuite, j’ai pris un l’Espagnol Mikel ORBE CELAYA, que je ne connaissais pas non plus. Avec lui, j’ai vite compris qu’il fallait rester prudent et ne pas se précipiter. Ma patience a payé, je lui ai marqué waza-ari par deux fois. Avant la finale, j’ai pu voir mon futur adversaire combattre, un Ukrainien solide (Anton HONCHAROV). Mais là aussi, l’attente entre la demie et la finale était interminable, avec des combats, des remises de récompenses, des combats, des podiums. Cette ultime rencontre était compliquée, heureusement que Clément (LEGOUX), qui me connait par cœur, m’a coaché. J’ai réussi à faire monter deux pénalités rapidement, j’étais bien sur mes mains. Il était au bord de la troisième pénalité, en bordure. Je suis parvenu à le bloquer, et à placer mon uchi-mata. Ippon ! Gagner sur trois pénalités ne m’aurait guère enchanté. Au lieu de le coincer dans la bordure, j’ai fait l’effort, j’ai attaqué pour chercher cette victoire. Gagner, c’est bien. Avec la manière, c’est mieux ! ».

 

4. La plus haute marche du podium, la Marseillaise… Qu’as-tu ressenti à ce moment-là ?

 

« Je n’étais pas le seul français à être médaillé. Mais la satisfaction que j’ai eue, c’est d’avoir une médaille d’or ! Tu montes sur le podium, le drapeau, la Marseillaise, que je n’avais jamais vécu, il faut le vivre… c’est vraiment top ! Tu as la satisfaction de tout ce que tu as entrepris, la fierté que ça engendre autour de toi. Tu sais que ce moment est unique, t’es félicité de toutes parts, c’est magique. Derrière, c’est aussi une crédibilité par rapport à plein de choses, surtout lorsque tu œuvres au sein d’un club (Il est président du club de Wittenheim). Tu penses aussi à tous les évènements plus ou moins difficiles que tu as vécu avant la compétition, dans le mois ou dans l’année écoulée, et tu réalises qu’il faut parfois accepter de reculer pour mieux rebondir. Et tu penses aussi à plein de monde, les amis, la famille, le club, les entraineurs, les copains d’entrainement. C’est vraiment top ! ».

 

 

5. Suite de l’aventure, perspectives ?

 

« Avec la médaille, il est plus facile de me projeter. Au départ, il était clair qu’un résultat continental me mènerait aux championnats du Monde à Marrakech (octobre 2019). Un beau défi et un nouvel objectif à atteindre : l’or ! Pour être performant le jour « J », je vais organiser ma préparation comme pour les Europe. Là-bas, j’irai chercher la victoire. Un nouveau challenge encore, que j’espère réussir ! ».

 

 

Entretien réalisé par I.G. le 31 juillet 2019.

 

 

 

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