Stage de Kendo

Quand le kendo se conjugue au féminin…



Une initiative prometteuse a permis de regrouper des pratiquantes de kendo, discipline associée de la Fédération Française de Judo, pour un stage sportif et technique organisé par le Tanko Kan de Wintzenheim ce samedi 26 septembre 2020 au complexe sportif de Muhlbach-sur-Munster. Les femmes ainsi présentes ont bénéficié d’un riche programme : découverte, initiation, connaissance de l’environnement, pratique sans et avec armure, le tout ponctué de nombreux échanges et débats sur la pratique féminine…


Un stage complet et enrichissant, orienté sur la pratique féminine...


Une femme peut-elle pratiquer kendo, cet art martial japonais où l’on porte une armure et l’on se bat avec un shinai (sabre en bois) ? Certes, la discipline est encore exclusive, mais elle attire de plus en plus de féminines, et pour cause. Outre ses bienfaits pour la santé, comme toute pratique sportive, le kendo apporte incontestablement de par sa dimension martiale, des valeurs liées à l’ambition, la prise de risque, la confiance en soi, etc… Sans oublier le simple besoin de se faire plaisir, de s’épanouir aussi bien dans son sport que dans sa vie de femme. C’était d’ailleurs tout l’objet de ce stage, organisé par la section kendo du Tanko Kan de Wintzenheim, et encadré par une… femme, et pas des moindres. 5ème dan, membre de l’équipe de France et championne d’Europe par équipes, Lyna MAAZIZ (U.S. Maisons Laffitte - 78) avait à cœur sur la journée de décrypter son art, mais aussi de lever le voile sur certains tabous.


Lyna MAAZIZ, une athlète au service du kendo féminin...


« Ce qui est important, bien au-delà de la technique, c’est l’état d’esprit », relève-t-elle. « Je suis intimement convaincue qu’une femme peut tout faire, et ne doit pas s’exclure ou être exclue de telle ou telle pratique ou technique. Tout est possible, à condition d’adapter les exercices en fonction de chacune (morphologie, etc...). Chaque accompagnement, chaque conseil se doit d’être ajusté à la personne selon son niveau, son degré de pratique, ou ses capacités physiques. Il faut savoir mettre les choses à portée ». La jeune femme, tonique, dynamique et visiblement ravie de transmettre sa passion au groupe présent, a pris grand plaisir lors des différentes séquences, toutes en progression au fil de la journée. « J’ai moi-même participé à de nombreux stages organisés par des femmes », complète-t-elle. « Des haut-gradées, qui disposent également d’un parcours en compétition. La manière d’aborder certaines thématiques ont été inspirantes et m’ont apporté de nombreuses pistes dans lesquelles j’ai pu puiser afin de définir des objectifs et des axes de travail. Aujourd’hui, j’ai l’occasion de transmettre à mon tour tout cela. C’est gratifiant ! ».


Expliquer le sens de la gestuelle, ajuster selon les besoins et les capacités : l'art d'une pédagogie efficace


Dans le groupe, des jeunes et un peu moins jeunes, des pratiquantes aguerries mais aussi des débutantes. Pour toutes, une belle reprise d’activité après la coupure liée au Covid. L’occasion de renouer en douceur, d’aborder les principes de base du kendo (placements, déplacements, postures, équipement, cibles, combat), et de transpirer tout en prenant du plaisir. Les séquences sportives ont été entrecoupées de petits débats, histoire de mettre sur la table les problématiques liées à la pratique féminine, sans tabous ni états d’âmes. Libérer la parole, c’était aussi l’un des objectifs des organisateurs. « Il y a souvent des idées reçues, des malaises », souligne Soumia LUQUET, la secrétaire du Tanko Kan. « Une des ambitions de notre club, de notre pratique, mais aussi de ce stage, c’est l’inclusivité. Il est important de pouvoir inclure tout le monde (on parle du sport féminin, mais aussi du handicap), et de réduire la stigmatisation. Il est important que nos enseignants soient à l’écoute concernant la pratique féminine, et offrent la possibilité aux femmes d’avoir les mêmes objectifs, les mêmes ambitions que les hommes. Il est nécessaire lorsque l’on est entre nous de pouvoir mettre des mots sur certains aspects, de partager nos doutes, nos craintes, de recenser ce qui pourrait être amélioré. Et ici, entre nous, la parole se libère. C’est une très bonne chose ! ».


Soumia LUQUET, l'une des instigatrices de ce stage, voulait que la parole se libère. Elle n'a pas hésité à montrer l'exemple...


Sur les visages, malgré la sueur lors de la pratique et le port du masque obligatoire (crise sanitaire oblige), l’on pouvait lire l’enthousiasme et la motivation de toutes, désireuses d’apprendre et de progresser, dans un cadre entièrement acquis à leur cause. « Le bilan est hyper positif ! », conclut l’encadrante. « Quels que soient les âges ou les années de pratique, toutes ont la même envie, envie de faire. Avec, surtout, le souci de bien faire. Et ça, c’est essentiel ! ».


Une belle initiative et une première dans le Haut-Rhin, parfaitement réussie pour le club organisateur. Et un stage qui sera forcément reconduit l’an prochain, avec le même état d’esprit et la même énergie...


Une belle expérience pour toutes, avec l'envie de reconduire au plus vite pareil rassemblement...


Quelques photos (pour rappel, l'ensemble des clichés est publié sur la page FB du Comité du Haut-Rhin de Judo) :















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