Judo et crise sanitaire - L’art de se réinventer

La crise sanitaire frappe de plein fouet le monde associatif et sportif, surtout chez les « amateurs ». Activité fractionnée, longues périodes d’arrêt total, c’est ce que subissent les acteurs du sport depuis plus d’un an. Sandrine BRUGGER, responsable de la commission sportive du comité du Haut-Rhin de judo, dirigeante et enseignante de club, intervenante également en section sportive, témoigne...


Combattante dans l'âme, Sandrine BRUGGER sait ce qu'elle veut. Et en cette période de crise, pas question de se laisser aller à la déprime...


« Du jour au lendemain, tout s’arrête », constate la judokate 5ème dan, pleinement investie dans son sport et dans la vie. Mère de trois enfants, tous pratiquants, sa vie familiale s’articule depuis toujours autour du judo, activité qu’elle partage avec son mari Vincent ANTOINE, lui-même enseignant. « L’annonce de la pandémie en mars 2020 nous a tous secoués » se souvient-elle. « A la mise en place du premier confinement, on a compris que quelque chose de grave se passait. Pour autant, pas question d’être inactif. Il a fallu rester positif, informer et motiver nos pratiquants. Chaque club s’est organisé du mieux qu’il le pouvait pour maintenir le contact avec les licenciés, proposant dès le départ des séances en distanciel ».

En ce sens, et ce dès le début de la crise sanitaire, l’équipe technique de Ligue Grand Est de Judo s’est mobilisée, fédérant idées, savoir-faire et compétences pour proposer des séances en visioconférences (judo en solo, taïso – remise en forme, jujitsu), pour toutes les catégories d’âge. « L’idée était de garder le lien avec les pratiquants, de leur proposer des activités sportives adaptées au contexte et de les préparer efficacement en vue de la reprise effective. Il a fallu se réinventer complètement, mener des réflexions sur de nouveaux axes de travail et de nouvelles formes de pratiques, orienter le travail sur le sport/santé ».

Dès que cela a été possible, bien des clubs ont proposé des activités en extérieur, aux abords des dojos ou des complexes sportifs. « Une vraie dynamique s’est mise en place à l’échelle régionale. Nombre d’enseignants n’ont pas eu peur de se remettre en question, convaincus de la nécessité d’être présents sur le terrain ». Et de compléter, « durant cette crise, beaucoup de gens, sportifs ou non, ont pris conscience des vertus de l’activité physique et des bienfaits sur la santé. A la reprise et surtout à la rentrée de septembre, nous aurons une belle carte à jouer. Le judo, discipline ultra complète mobilisant de nombreuses ressources, se positionne idéalement ».

La pause sanitaire aura été l’occasion également de former et perfectionner les enseignants du Grand Est, de les faire évoluer dans leur pratique en leur proposant des passages de grades, d’évoluer dans leur pédagogie lors notamment d’ateliers participatifs sur tout le territoire. Sandrine, comme son mari d’ailleurs, y ont participé dans le bassin alsacien, ravis de cette belle opportunité pour s’enrichir et progresser. « Pour nous aussi, enseignants, il était important de se retrouver, de partager de nombreuses séances pédagogiques instructives », estime-t-elle. « Ces contenus, constamment actualisés, nous permettront d’accueillir nos pratiquants (anciens comme nouveaux) dans les meilleures conditions dès que cela sera à nouveau possible ».

Cette crise a aussi des répercussions sur le plan économique. Sandrine en a récemment fait les frais, perdant brutalement son emploi d’assistante de direction (cadre) fin mars après 15 années de bons et très loyaux services au sein de la même entreprise. « Tout semblait aller bien, je n’ai rien vu venir », regrette-t-elle. « Se retrouver sur le carreau comme ça, du jour au lendemain, il faut l’encaisser… ». Retour donc par la case Pôle Emploi. Pas facile. Mais la judokate n’est pas du genre à ruminer, et encore moins à tergiverser. « Dans pareille situation, il faut réagir. Et vite ». Comme en judo, tomber, se relever. Reprise d’initiative, retourner le combat à son avantage. Reprendre tout simplement sa destinée en main, se réinventer là aussi. Dans cette quête, elle bénéficie du soutien inconditionnel de ses proches, familles et amis. Vincent son mari, à son compte depuis plusieurs années (www.avsolutionsjudo.fr), lui conseille de s’orienter vers l’entreprenariat (www.prozen-bureautique.fr). « Je me lance, la période est idéale pour cela », souligne cette éternelle battante. « Mes compétencesadministratives (secrétariat, bureautique, comptabilité, gestion du personnel) et mon approche de la gestion peuvent être utiles dans tout type de structures, micro-entreprises, TPE ou entreprises à échelle humaine. La mutualisation des moyens n’est pas qu’une affaire de judokas, elle est désormais aussi dans l’air du temps ».


On l’a bien compris, rebondir, pour elle comme pour le judo, n’est pas une alternative. Juste une évidence...


Ci-contre l'article de presse : Journal l'Alsace du 17 mai 2021

Une belle famille de judokas, unie et soudée. Un atout de poids pour se réinventer...

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